DANNY, CANBERRA, AUSTRALIE, 2002

C’est ma mère qui a acheté la première R16 que j’ai connue dans ma vie en 1971 (l’année de mon permis, comme par hasard) – cette voiture était toujours considérées comme « nouvelles » en Australie à cette époque et c’était plutôt les entreprises et les universitaires qui les achetaient alors. Le principe était : si vous êtes propriétaire d’une R16, vous êtes du genre à porter un autocollant écolo, vous préférez le vin à la bière et vous votez à gauche (Labor). De ce point de vue, il y avait peu de différences entre les propriétaires de R16 et les propriétaires de 504 (Renault et Peugeot étaient d’ailleurs vendues par les mêmes revendeurs – ce qui a toujours surpris les français en visite chez nous).

 

Sa souplesse de conduite, son usage économique, son confort et sa nervosité étaient étonnants par rapport aux standards australiens de l’époque (il a fallu attendre la moitiée des années 70 pour que Ford et Holden se mettent aux pneus radial et aux sièges séparés à l’avant, et comme pour le hayon arrière, la traction avant et les suspensions indépendantes à l’arrière, cela étonnait beaucoup de monde : quoi ?! vous êtes communistes ou quoi ?). J’ai hérité de la voiture de ma mère après son décès. Cette voiture est devenu la première R16 d’une longue série. Je me rappelle l’avoir conduite de Grafton (Nouvelle Galles du Sud) à Canberra (plus de 950 kms, je crois) en un seul jour en 1973, sur ces très longues autoroute de Nouvelle Galles du Sud où l’on roule des heures durant à 110 ou 120 kms/h. Deux années plus tard, grand malin, j’ai emprunté un chemin de terre et je l’ai poussée au maximum – ce qui n’est pas une petite stupidité pour une telle voiture – et même après un tonneau on pouvait toujours ouvrir les quatre portes, mais malheureusement j’ai dû en faire mon deuil.

 

Après cela, avec mon épouse de l’époque, nous avons acheté une version 1968, de couleur vert foncé (toujours le modèle de base) qui nous a promené pendant 9 ans, jusqu’à notre décision de passer sur un véhicule plus moderne, une R12 break de 1,4 l. Quand nous avons eu un accident trois ans plus tard, je suis revenu à la 16 sans hésitation en achetant une TS couleur moutarde de 1976. J’ai totalement refait le moteur moi-même et j’y ai installé une boite 5 – le pied ! – et j’ai ensuite remplacé les suspensions arrières (adaptées au tout terrain ; on ne se refait pas…)

 

Mais, voilà six ans (1996), un 4X4 m’a coupé la route à un feu rouge sans freiner et a percuté la voiture côté conducteur, manquant de peu de me tuer. Mon mariage était mal en point à cette époque et persuadé que je ne posséderais plus de R16, je ne suis pas aller récupérer la boite 5 à la casse – ce que je regrette énormément aujourd’hui.

 

Les seuls souvenirs d’enfance de mes enfants en voiture, c’était des souvenirs en Renault et j’en suis heureux (même si ça n’a pas empêché ma fille d’acheter une Toyota). Ma plus jeune fille, 22 ans, m’emprunte souvent ma voiture (qu’elle considère comme étant « notre voiture ») pour aller faire de la varape à l’ouest de l’État de Victoria. Ses amis sont oujours impressionnés qu’une ancienne voiture puisse être aussi confortable et rapide.

 

Ma voiture actuelle est une 16 TS de 1973. Son état est moyen (un peu de rouille) mais mécaniquement elle est impeccable pour de longues distances (un des précédents propriétaires avait refait le moteur), une vraie bête de somme, notamment pour tirer une remorque… Je l’utilise souvent pour aller voir mon père à Canberra, parfois en passant par les montagnes enneigées. Je n’ai pas les moyens actuellement pour refaire la carrosserie, mais merci au forum, j’ai acheté quelques pièces d’occasion ; ce qui est un début. Ce fameux bruit de suspension arrière a repris ces derniers temps mais je sais par expérience qu’il y a encore une marge avant d’être contraint de les changer (ndt : on parle ici de « suspensions bushes »).

 

Ces temps-ci en Australie, si vous êtes propriétaire d’une Renault 16, vous êtes probablement sur un registre de « nostalgie du passé », comme moi (ceci le terme n’est pas juste – il n’y a simplement aucune autre voiture qui soit aussi souple pour un jour être membre de notre famille) ou un jeune qui cherche un moyen de transport économique. Même dans ce pays sec, beaucoup de voitures ont souffert de la rouille et il est de plus en plus difficile de trouver des pièces, même dans les casses.

 

Pour l’anecdote, ma voiture actuelle est la première avec un delco bosch à la place d’un Ducellier. Mon sentiment (même si j’ai remplacé le condensateur) est qu’elle « ratatouille » (ndt : « it chews up points ») et qu’elle se dérègle plus facilement. Un commentaire là-dessus ?

 

Danny, Canberra, Australie, 2002

 

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